Affichage des articles dont le libellé est Nour BenKalish. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nour BenKalish. Afficher tous les articles

07 juillet 2010

28



Soulagé, il se leva d'un bond pour aller à sa rencontre.

— Bonsoir, madame, vous avez une nièce bien charmante... mentit-il, heureux d'être délivré aussi rapidement.

— A vrai dire, Nour n'est pas ma nièce. La pauvre petite vient de perdre sa maman et je la ramène à son père. Peut-être pouvez-vous m'aider ? Il s'appelle Azra BenKalish...

A ces mots, Coriolan se sentit foudroyé sur place.


Puis il souleva la petite Nour pour la détailler avec intérêt et s'aperçut de sa ressemblance criante avec son ami. Il se demandait d'ailleurs comment ce petit air de famille avait pu lui échapper.

Il sourit chaleureusement à l'enfant :

— Je connais très bien ton papa, petite Nour. Il va être fou de joie. Surtout, prends grand soin de lui... Décidément, c'est la journée des révélations !! acheva-t-il en rendant l'enfant à la femme.

Puis il s'éloigna en soufflant des baisers à la petite fille.

____________________________________________________________________________

27

L'air délicieusement frais du dehors arrêta Coriolan à quelques mètres de son véhicule. Il respira profondément, l'esprit encombré de scènes qui lui semblaient décousues et qu'il avait bien du mal à rassembler en un épisode cohérent. Il farfouillait sa poche à la recherche de son paquet de cigarettes lorsqu'il aperçut une petite fille qui le regardait avec insistance.

Quand elle amorça quelques pas dans sa direction il prit son expression la plus sévère dans l'espoir de la décourager d'approcher. En vain.


Arrivée près de lui, elle s'accrocha à son pantalon et il fut bien obligé de s'agenouiller pour se mettre à sa hauteur.

« Abomination de la désolation ... Les enfants, c'est comme les chats en fait ... ils vont toujours vers ceux qui ne les aiment pas !! »

— Oui ? Tu as besoin de quelque chose ?

— Dis, monsieur, pourquoi tu portes une perruque ?

— Ah, mais ce n'est pas une perruque ! Ce sont mes vrais cheveux !!

Et comme pour vérifier ses dires, la petite fille agrippa dans sa menotte une longue mèche échappée du catogan, qu'elle tira férocement.

Coriolan grimaça de douleur. Tout en libérant précautionneusement ses cheveux du petit poing fermé, il surveillait les alentours dans l'espoir de voir surgir les parents. Évidemment, personne ne se manifesta. C'était bien sa veine !

— Tu es avec ta maman ?

La petite fille hocha la tête en signe de dénégation.

— Tu es avec ton papa, alors ?

Nouvel hochement de tête.

— Tu es toute seule ? Demanda-t-il, vaguement inquiet à l'idée de se retrouver avec l'enfant sur les bras.

— Je suis avec tatie. Elle parle au téléphone. Là-bas... indiqua-t-elle du bout du doigt. Alors j'a partie devant... Et puis je t'a vu !

— Quelle chance ! Maugréa-t-il. Bon. Je suppose qu'on n'a plus qu'à attendre ta tatie. Viens, on va patienter sur ce banc.


Après l'avoir hissée dessus, il s'installa à ses côtés, cala son menton dans la paume de sa main et attendit.

Il guettait l'entrée de la salle de réception, espérant que quelqu'un – une femme de préférence, car les femmes , c'est bien connu , savent toujours comment se comporter avec les enfants! - vienne le sauver de ce tête-à-tête improbable.

Il sentait sur lui le regard insistant de la fillette qui, indisposée par cette immobilité forcée, se tortillait sur le banc.

— Je m'appelle Nour, et toi ?

Coriolan poussa un profond soupir.

— Coriolan.

Puis, il se tut, ennuyé à l'avance de devoir subir le babillage insipide de la gamine.

La petite fille pencha la tête de côté pour tenter d'accrocher son attention.

— Dis, Coyolan, t'as une amoureuse ?

Il sursauta, surpris par cette question inattendue.

« Misère de misère, je rêve ou je suis en train de me faire draguer par une rase-moquette ? Si Azra me voyait, il m'accuserait de les prendre au berceau... »

— Tu es bien curieuse, dis-moi...

— Moi, je suis sûre que t'as une amoureuse...insistait la petite Nour .

— Une amoureuse ? Pourquoi une seule ?

Il s'inclina vers elle et lui murmura sur le ton feutré du secret.

— En fait, j'ai plein d'amoureuses, Nour.

La fillette posa sur lui des yeux arrondis de surprise, puis, se mit à rire sous cape, comme enchantée de la plaisanterie.

— Ha mais c'est pas possible, Coyolan... tu peux pas avoir plein d'amoureuses... Tu dois en en choisir une !

— Tu crois ?

Il fut interrompu par l'arrivée d'une femme d'une trentaine d'années. La tatie de Nour, sans aucun doute.


____________________________________________________________________________

Dernier article

[JDF] Article 1

  Un homme est debout face à l'océan. Derrière lui, une bicoque en bois perdue sur la lande. Devant lui, la mer agitée. Tout ...