21 juillet 2010

Genèse de Requiem pour un tombeur

REQUIEM POUR UN TOMBEUR

Ca me fait tout bizarre d'en arriver à la phase des bonus. Tout d'abord parce que cela signifie que je vais devoir me séparer de Coriolan et de Cassie 💗. Ensuite parce que plus d'un an s'est passé entre le moment où ce projet fou a été lancé et celui où j'en termine avec ma partie. Je tenais d'ailleurs à  remercier les filles de l'Atelier pour leur infinie patience et leurs encouragements, et également pour m'avoir permis de participer à  cette nouvelle collective qui nous a occasionné plein de délires et de fous rires, et de fièvre aussi... ^^

Mais foin de bavardage et place aux petits « secrets» de coulisse...

Une fois que le fil rouge de l'histoire fut arrêté, comme l'a dit Link précédemment, pour garder une cohérence à  l'ensemble et rester fidèle aux traits de caractère de chacun de nos personnages, il nous fallut établir une fiche détaillée de ceux-ci.

Voici celle que j'envoyais aux copines pour Coriolan :

Prénom, nom : Coriolan Galen
Age : 33 ans
Nationalité : française
Profession : écrivain
Style vestimentaire : à  la fois classe et confortable
Plat préféré : la paëlla de sa grand-mère...
Goûts musicaux : jazz (il ne l'avouera jamais mais il adore the Hives !!!)
Particularités utiles (ou pas) à  l'histoire : il publie ses romans (pseudo sentimentaux) sous un pseudonyme féminin, Olympe de Courge (ses nombreuses conquêtes lui servent d'ailleurs de matériau à  écrire).
Aucune femme n'est restée plus d'une nuit chez lui... à  part sa chatte qu'il a appelée George en l'honneur de Sand.
Il pratique la capoeira.
Principaux traits de caractère (qualités/défauts) : susceptible, intransigeant, cynique, très orgueilleux, détaché, il pratique la maîtrise de soi et de ses sentiments à  merveille (mais c'est pour mieux cacher ses blessures); charmeur, léger, mondain, il n'accorde en fait son amitié qu'avec parcimonie mais c'est un ami loyal et fidèle; il ne ment jamais (ce qui peut parfois s'avérer très cruel).
Expression(s) souvent employée(s) : "l'abomination de la désolation" "Mazette !"... il aime parfois clore le débat par des citations...

Indications simesques dans le jeu (vous n'êtes pas obligées de prendre les mêmes si vous avez déjà créé le sim, c'est juste pour info, pour que le sim ait un peu les mêmes réactions dans le jeu de tout le monde) :
Aspiration / aspiration secondaire : Popularité/Amour
Signe astrologique : Bélier
Préférences / tue-l'amour : brunes, créatives / puanteur

09 juillet 2010

Genèse d'un couple



Voilà des mois que j'attendais que Parthénia publie sa nouvelle pour vous proposer tous les bonus que j'avais réalisés pour "In Memoriam", il y a environ un an à présent. Pourquoi ne pas les avoir publiés avant ? Tout simplement parce qu'ils spoilaient la fin de l'histoire, que seules Parthénia et moi connaissions (même les copines de l'Atelier n'étaient pas dans la confidence, mais elles se doutaient plus ou moins du dénouement, on ne les trompe pas si facilement...) 😤

Cassandre - Coriolan... En voilà une histoire d'amour totalement improbable qui pourtant en est venue à nous tenir tellement à coeur à Parthénia et moi que nous avons sorti les griffes (même à l'encontre des copines de l'Atelier, si si, elles pourront témoigner) pour qu'elle puisse se réaliser.

L'aventure commence le jeudi 29 janvier 2009 sur le défunt forum Critisims. J'avais présenté alors un Sims Tupperware, comme j'aime à les appeler : Cassandre.

Qu'est-ce qu'un Sims Tupperware (terme qui est devenu récurrent parmi les membres de l'Atelier), c'est un Sims vide, creux et sans âme. Un sims crée pour être livré à un concours ou à de la figuration, auquel on ne s'est pas attaché et qui fait juste office de remplissage dans le décor. Vide comme une boîte tupperware, et qui attend d'êre remplie de tout et n'importe quoi. Mais bon, en attendant elle est rangée dans le placard avec les autres tupperwares, et sert pas à grand chose.

Parallèlement, Parthénia publiait son candidat pour la section Mister du même forum : Coriolan.




Immédiatement, la quasi totalité du groupe de l'Atelier tombe amoureuse de Coriolan. SheZeve, Zohus, enfin bon je ne vais pas citer tout le monde. Et des MP fusent dans tous les coins à l'insu des unes et des autres pour marier nos créatures à ce bellâtre au regard animal. 😁

Je me rappelle encore de ce MP que j'avais envoyé à  Parthénia : Cassandre est tombée folle amoureuse de Coriolan, elle rêverait d'un rendez-vous avec lui. Enthousiaste, Parthénia avait été très flattée pour Corio, et m'avait alors envoyé le spécimen afin de pouvoir réaliser le rendez-vous dans mon jeu... Evidemment je lui échangeais Cassandre pour qu'elle puisse également faire de même si elle le souhaitait.

Fière de moi, je décidais de narguer toutes mes concurrentes avec une image pour enfin affirmer que j'avais gagné le beau Corio :


Et c'est évidemment là que je découvre que Zohus se venge en publiant des images compromettantes de Corio avec sa Daphné et me nargue elle aussi ouvertement ! (J'espère que zohus publiera ses images pour compléter mon article).

Mais c'était sans compter l'intervention providentielle de la mère de Corio : Parthénia, qui trouvait Cassie et Corio si mignons, qu'il fallait les laisser ensemble. Je vous passe le nombre de coeurs brisés dans l'Atelier... Et j'enchaine avec la série d'images que m'avait alors inspirée cette petite victoire, qui, jusqu'à présent, n'est qu'un vaste champ de gamineries qui nous avait bien fait marrer et qui n'avait aucun rapport de près ou de loin avec la Nouvelle Collective à l'époque.




Images à travers lesquels le côté bohème de Cassandre ressort très nettement, même si elle n'était encore qu'un grand tupperware très vide à l'époque.

Puis, vers le mois de mars, voilà que zohus nous propose ce projet inédit : et si on prenait nos candidats Miss et Misters qui nous servent à rien et qu'on réalisait un gigantesque chantier d'écriture : une nouvelle collective ! Nous aurions chacune une plage réservée à notre style, à nos personnages, avec une trame commune que nous devrions respecter pour garder un fil rouge. Nous avons toutes été emballées par le projet. Elros, mon candidat Mister ayant déjà trouvé une place dans son univers steampunk, il me restait donc Cassandre à développer pour le projet. Parthénia aurait pu choisir sa candidate, mais finalement elle avait choisi Coriolan, et après une hésitation de scénario (entre Parthénia et moi) pour savoir si Corio et Cassie étaient déjà ensemble dans la nouvelle, nous avons pris le parti de dire que non et de décrire donc comment leur couple s'était formé.

Je ne dévoilerai évidemment rien des autres trames qui sont définies par paires afin de vous laisser la surprise si ces autres nouvelles voient un jour le jour, mais sachez donc qu'à part Azra, qui avait la lourde tâche de poser la trame générale de l'histoire, et d'en souligner tous les éléments et rapports qui devaient être développés dans les autres histoires, sans qu'il ne comprennent rien aux évènements autour de lui, il était le seul à être tout seul ! Tous les autres personnages étaient liés deux par deux pour montrer à  chaque fois les mêmes évènements d'un point de vue différent.

J'envoie donc à mes consoeurs une fiche concernant le personnage de Cassandre pour qu'elles puissent s'appuyer dessus afin d'utiliser le personnage dans leur nouvelle et que l'ensemble reste toujours cohérent :


Prénom, nom : Cassandre Parlanti
Age : 30 ans.
Nationalité : Franco- Italienne (née à  Naples).
Profession : Dessinatrice / illustratrice de livres pour enfants
Style vestimentaire : Bohème, très accessoirisée (bracelets, superposition de colliers, mais également fanatique des accessoires originaux : chapeaux, bérets, gants et mitaines de dentelle)
Plat préféré : Salade de Surimi (ouais elle fait attention à sa ligne)
Goûts musicaux : Pop et classique
Particularité(s) utiles (ou pas) à l'histoire : Bordélique (on s'en serait pas douté), a une attirance pour les objets Hindous et Bouddhistes en particulier (elle est bouddhiste, ça aussi on s'en serait pas douté). A voyagé plusieurs fois à Lhassa, en Chine, Hong Kong et en Asie d'une façon générale...
Principaux traits de caractère (qualités/défauts) : gaie, spontanée, ouverte. A tendance à être tête en l'air, aucune mémoire immédiate, aucune mémoire physiologique, elle vit au jour le jour, minute par minute et ne fait jamais de plan à l'avance. Peu organisée, douée dans son domaine, elle fait des choses merveilleuses mais toujours dans l'urgence et parfois même avec retard.
Plutôt pacifiste (ouais vu ses croyances, sans blague ?), est plutôt dans l'évitement du conflit. Cela peut d'ailleurs passer aux yeux des autres pour du laxisme, le fait que parfois elle préfère renoncer plutôt que de se battre. Mais si elle peut aussi savoir sortir ses griffes dans certaines situations personnelles et faire montre d'une volonté affirmée (surtout dans le domaine professionnel).
D'une grande générosité, elle peut donner énormément à ceux qu'elle aime, mais il suffit que l'on trahisse une fois sa confiance pour que celle-ci soit définitivement perdue. Elle n'exige jamais des autres ce qu'elle ne fait elle même (le problème c'est qu'elle n'a pas conscience qu'elle est capable de beaucoup de choses, et parfois, il peut s'avérer qu'elle en demande un peu trop aux autres sans s'en rendre compte).
Amoureuse de la vie, des expériences, elle aime tester, apprendre et réaliser de nouvelles choses. Elle aime les rencontres car elle apprend énormément à travers les autres, et s'enrichit en écoutant et en puisant dans l'expérience de ceux qui l'entourent ou qui croisent sa route.
C'est le genre de filles cool qui a tendance à s'entendre mieux avec les mecs qu'avec les filles. Elle est un peu l'éternelle bonne copine des gars, qui adorent sa compagnie sans jamais pour autant vouloir aller plus loin, et elle rend malgré elle toutes les filles hystériques car elles se persuadent qu'elle cherche à leur piquer leur mec à être aussi sympa avec.
Elle attend le grand amour. Elle ne sait pas quand il viendra, mais une chose est certaine, ce sera le seul dont elle n'oubliera jamais le visage. Où qu'il soit, où qu'elle aille, à chaque fois qu'elle le recroisera, elle saura toujours le reconnaitre sans jamais se poser de question (comme avec les autres où c'est... hmmmm je l'ai déjà vu celui là , c'est qui déjà ?)
Expression(s) souvent employée(s) : "En même temps..." "Je veux mourir" "sérieux ?" "Bordel à queue de dieux orgiaques en rut !" (surtout quand elle aperçoit Coriolan au loin quelque part)


Je profite bien sûr de cette photo d'identité pour créer une nouvelle image de Cassie et Corio dans le jardin d'hiver de la maison de Cassandre :


Et je complète cette fiche avec quelques images de Cassandre à différents âges :





Dont une que vous n'avez jamais vue et que vous verrez peut être un jour, si la suite des nouvelles se publie sur le blog. Cassandre un an après le départ de son père, ravagée et rebelle, sans pouvoir cacher sa douceur naturelle malgré tout, à 14 ans :



L'écriture de cet amour nous inspire énormément Parthénia et moi. Nous avons beaucoup collaboré tout au long de cette phase de travail pour faire réagir les personnages à bon escient, nous avons même co-écrit entièrement la scène de la cave. J'écrivais un paragraphe, elle écrivait la suite, et ainsi de suite... Il y avait des moments où on était bien coincées par l'autre et par les réactions des personnages. C'était très amusant à faire. On ne contrôlait rien et on ne savait absolument pas à l'avance où cette scène allait nous mener. Les instants de déstabilisation de Cassandre et de Coriolan dans cette scène (qui ne figure que dans la nouvelle de Cassandre) étaient plus notre déstabilisation à nous deux en temps qu'auteurs... A chaque fois qu'on lisait le passage publié par l'autre on se disait : merde mais comment il / elle va s'en sortir là ! C'est over vache !!!!

Mais nous nous sommes énormément attachées à ce couple toutes les deux, et toutes les filles de l'Atelier avec nous. Même zohus et SheZ qui étaient à fond pour enfermer Corio et l'enchainer à un poteau pour elles toutes seules ont fini par s'amouracher de ce couple étonnant, décalé et hors normes. Beaucoup d'images romantiques des amoureux ont suivi tout au long de l'écriture. Emportées par la beauté des deux personnages qui nous attendrissaient tellement.


Parthénia en avait également réalisé de son côté et j'espère qu'elle les mettra en ligne avec ses bonus aussi.

Sans oublier des petits clins d'oeil à Daphné, qui donc tient le rôle de la maîtresse de Corio dans une scène présente chez Cassandre et chez Coriolan. Hommage à zohus, si bonne perdante ! (Rassurez-vous, Daphné a depuis trouvé l'âme soeur auprès d'un autre Sims de Parthénia d'ailleurs. Et celui là , elle l'a eu pour elle toute seule !)


L'histoire du départ du père de Cassandre est inspirée d'une histoire vraie. Vécu par une ancienne amie. Une histoire qui m'avait beaucoup touchée et j'ai continué à  réaliser d'autres images de cette phase difficile qui rendait Cassandre tellement plus humaine et moins superficielle.


Cette image, notamment, avait été réalisée dans l'optique d'une scène qui devait apparaître lors d'un flashback de Coriolan et qui n'avait pas été retenue par Parthénia au final. C'était le lendemain du départ de son père. Le jour où elle a commencé à  fumer.

Seule sur son banc, elle pleurait. Elle avait 13 ans. Et puis il y avait eu ces deux garçons, un peu plus âgés qu'elle, mais adolescents eux aussi. L'un d'entre eux n'avait pas supporté de la voir pleurer et lui avait adressé de gentils mots de consolation. Parce qu'il ne tolérait pas autant de larmes dans les yeux d'une aussi jolie fille. Il avait ensuite juste effleuré ses lèvres d'un baiser avant de disparaitre.

C'était le premier baiser de Cassandre.

Les deux garçons étaient Azra et Coriolan. Il s'agissait donc là véritablement de leur toute première rencontre. Evidemment c'était Coriolan qui l'avait consolé, encore pur et non massacré à son tour par sa mère...

Et la suite logique de notre emballement à Parthénia et moi même fut cette image :


simplement baptisée Sacha.

A ce moment là personne dans l'Atelier ne soupçonnait que Corio et Cassandre allaient être une vraie histoire d'amour qui allait vraiment durer. J'avais montré cette image sans rien dire. Juste Sacha. Mais on ne trompe pas zohus qui tout de suite bondit en s'exclamant : Cassandre et Coriolan nous ont fait un rejeton ! Et se venge bien sûr de la précédente injustice faite à Daphné en adoptant illico le mâle ! Mais je n'en dirai pas plus à ce sujet, car peut être que d'autres surprises pourraient vous attendre avec ce beau Sacha.

Naturellement à peine je présente Sacha Galen, que Parthénia avoue qu'elle aussi avait tenté de faire faire des rejetons à nos petits amoureux, histoire de voir à quoi ils ressembleraient. Mais je lui laisserai le soin de les présenter et d'en parler si elle le souhaitait.

Ainsi donc se termine notre volet de l'histoire, en tout cas pour Parthénia et moi.

J'avais envie de vous reparler un peu de Corio et Cassie auxquels je me suis tant attachée et cela m'a fait plaisir de partager ce moment avec vous. J'espère que vous en avez appris davantage aussi de votre côté sur ce que nous avons mis en place avec Parthénia et de notre plaisir à le faire, car ce fut un véritable plaisir de travailler avec elle!

J'ai hâte, tout comme vous de découvrir maintenant les autres "couples" de la nouvelle... et même si j'en connais les grosses ficelles, c'est le tressage qui m'intéresse, et à ce niveau là , je suis sur le même plan que vous tous, chers lecteurs : dans la totale découverte ! 😎

Sur ce, bonne après midi à tous et bonnes vacances pour ceux qui ont la chance d'en avoir !

Link

07 juillet 2010

31



Cassandre interrompit cette description par un éclat de rire joyeux et se retourna pour se retrouver nez-à-nez avec lui.

— C'est trop tard Coriolan Galen, tu n'arriveras pas à me dégoûter...

Il sourit en silence en effleurant sa tempe d'un baiser – c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour se dérober à l'intensité de son regard. Mais la peau de Cassandre était traîtresse à distiller ainsi la tiédeur et le parfum de son corps. Si bien qu'avant même l'avoir voulu, la phrase fatidique lui échappa et qu'il s'entendit lui murmurer « Je t'aime » en resserrant son étreinte. Il ne se doutait pas que cela viendrait de cette manière bouleversante et sincère. Son coeur battait la chamade et il se sentait aussi gauche et emprunté qu'un adolescent lors de son premier rendez-vous.

Il releva un peu la tête, inquiet de sa réaction à elle. Cassie restait pétrifiée, un sourire béat peint sur ses lèvres... et il se rendit compte avec horreur que ce sourire était sûrement l'exacte réplique de celui qu'il lui offrait en retour. Il ne lui manquait plus que les mains moites pour compléter ce tableau cauchemardesque. Enfin, presque. Car comme il la pressait d'un timide « Cassie ? » pour la faire réagir, la statue de sel reprit vie, et avec la vie la parole.

— Bordel à queue de dieux orgiaq...


La fin se perdit dans le souffle de Coriolan.

Quand enfin, après un long moment, Coriolan défit le baîllon de son baiser, Cassie trouva encore la force de murmurer:

— Maintenant, je peux mourir...

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PRÉCÉDENT | DÉBUT | FIN

| GÉNÈSE |




30



Enfin, Coriolan arrêta le moteur et demanda à sa compagne de garder les yeux fermés. Il l'aida à descendre de voiture, la guida de quelques pas.

— Voilà ! Tu peux ouvrir les yeux maintenant, lui souffla-t-il dans le dos.

Surprise, Cassie tourna sur elle-même en découvrant le café de leurs années étudiantes, puis le scruta attentivement, hésitant à comprendre.

Une expression grave s'était inscrite sur les traits de Coriolan qui lui expliqua, en réponse à sa question muette :

— Recommençons sur de nouvelles bases... si tu veux bien...

— Mais...Tu as dit que cet endroit était cher à ton coeur ? Que c'était là que tout a commencé ? Oh...


Elle lui avait tourné le dos pour parler et il en profita pour l'enlacer dans cette position. Finalement, lui parler sans voir son visage était plus facile. Aussi prit-il une grande inspiration avant de se lancer dans sa confession.

Il lui expliqua que, oui, cet endroit était cher à son coeur parce que c'était là qu'il l'avait vue pour la première fois et que chaque détail était resté gravé dans sa mémoire. Comment elle était habillée. Comment elle était coiffée. Comment elle se mouvait et comment elle riait aux éclats. Il lui raconta sa fascination face à son excentricité où perçait une pointe de désespoir. Son agacement de la voir n'accorder son intérêt qu'à Azra. Son envie brutale de l'arracher à ses bras pour lui crier qu'il existait et qu'il avait besoin de respirer sa joie de vivre, lui toujours si introverti et si maître de lui.

— Tu sais, continua-t-il d'une voix basse, je n'ai jamais éprouvé avant toi le désir d'approfondir une relation avec une femme. Je me le suis toujours défendu. Tu m'as demandé dans la cave si j'avais peur de toi. A cet instant, je peux te le dire : je n'ai plus peur... Enfin, cela ne dépend plus que de toi...

Et avant qu'elle ait pu lui répondre, il enchaîna rapidement :

— Mais je préfère te prévenir : j'ai un caractère de cochon, je déteste le désordre, je ne suis pas très romantique, j'ai une chatte qui partage ma vie et qui se montre d'une jalousie maladive, je...

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29

Coriolan s'engouffra enfin dans sa voiture, actionna machinalement sa clé de contact et démarra dans une embardée asthmatique. Il ne comprenait pas pourquoi il se montrait si fébrile. Premièrement, il n'était pas sûr de rattraper la jeune femme. Deuxièmement, il y avait fort peu de chances pour qu'elle l'accueille avec amabilité vu la manière dont elle était partie, en catimini – du Cassie tout craché ! Troisièmement... troisièmement, il avait une envie folle de tordre le cou à Azra pour lui apprendre à lui mettre de fausses idées en tête et à l'obliger à courir après une femme... Lui, Coriolan Galen ! C'était proprement impensable !

« Bon, tu la ramènes chez elle et basta ! Tu ne vas quand même pas t'encombrer d'une femme qui a l'air plus compliquée que toutes celles que tu as déjà connues... et ça commence à faire légion... Elle risque de s'attacher et après, ce sera trop difficile pour t'en débarrasser... Et surtout, tu n'acceptes pas de dernier verre... Tu la largues gentiment en bas de chez elle et basta... même si elle insiste ! Surtout si elle insiste ! Pas de dernier verre... D'accord ? D'accord... »


Raffermi par son dialogue intérieur, il sentit pourtant toutes ses bonnes résolutions l'abandonner dès qu'il aperçut sa silhouette au loin. Comment faisait-elle pour avoir cette démarche inimitable, mélange de légèreté et de grâce fragile qui lui inspirait immanquablement des élans de tendresse insoupçonnée ? Un air des Doors, souvenir de ses lointaines années fac, fleurit spontanément sur ses lèvres :

She's walking down the street
Blind to every eye she meets
Do you think you'll be the guy
To make the queen of the angels sigh ?

Ce sourire qu'elle lui jeta quand il ralentit à sa hauteur et qu'il l'interpella... un sourire à vous attacher le coeur et à vous mener jusqu'au bout du monde... si l'on n'y prenait garde ! Mais Coriolan n'était pas du genre à défaillir comme une femmelette au premier sourire venu, aussi rayonnant soit-il...

« Un verre, et c'est tout... » se morigéna-t-il en sentant ses défenses flaiblir mais il lui rendit inconsciemment son sourire.

Il fut soulagé quand il entendit des borborygmes incompréhensibles sortir de sa bouche une fois qu'elle se fut installée dans sa voiture : des deux, c'était bien elle la plus intimidée. Tout était donc dans l'ordre des choses...

Histoire de bien enfoncer le clou et de lui faire comprendre qu'il savait pour le piquant épithète dont elle l'avait gratifié jadis, il mit en route son lecteur de CD.... et surveilla sa réaction du coin de l'oeil.

— Je crois savoir que tu aimes cette chanson, Cassie...

Le fou rire qui la secoua après un moment de stupéfaction l'emporta avec elle, toutes digues rompues.

Aussi ne s'attendait-il pas à ce qu'elle lui avoue aussi spontanément, comme une évidence à laquelle elle n'avait jamais songé :

—Tu es beau quand tu souris.

Cette simple phrase le déstabilisa. Un court instant. Mais assez pour qu'il ne lui réponde qu'à contre-temps :

— Ah bon ? Seulement quand je souris ?


Il eut l'impression que son ton moqueur n'avait pas suffi à masquer ses émotions car une lueur d'amusement s'était allumée dans le regard bleu lagon et elle choisit malicieusement d'entonner « Les Cactus ». Enfin, massacrer aurait été un plus juste mot. Les fausses notes n'empêchaient pas Coriolan de profiter de la chanson. De remonter en pensée le cours du temps. D'effacer le chapitre de ce fameux après-midi de printemps où une jeune étudiante exubérante l'avait ignoré, pour en réécrire un autre plus à sa convenance. Etait-ce seulement possible d'ignorer tout un long pan de son existence ? Ce pan où elle n'avait pas été ?

Pris d'une subite inspiration, Coriolan bifurqua à gauche.

— Hé ! Mais ça n'est pas le chemin de mon appartement, Coriolan...

— Je sais, Cassie, mais... il se racla la gorge. J'ai envie de te montrer un endroit cher à mon coeur. Un endroit où tout a commencé pour moi. Je te demande juste de me faire confiance. Le veux-tu ?

La jeune femme hocha silencieusement la tête.

— Fort bien. Alors ferme les yeux et surtout ne triche pas !

Ils roulèrent sans échanger une parole. Les mots étaient inutiles dans cette attente presque palpable.

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28



Soulagé, il se leva d'un bond pour aller à sa rencontre.

— Bonsoir, madame, vous avez une nièce bien charmante... mentit-il, heureux d'être délivré aussi rapidement.

— A vrai dire, Nour n'est pas ma nièce. La pauvre petite vient de perdre sa maman et je la ramène à son père. Peut-être pouvez-vous m'aider ? Il s'appelle Azra BenKalish...

A ces mots, Coriolan se sentit foudroyé sur place.


Puis il souleva la petite Nour pour la détailler avec intérêt et s'aperçut de sa ressemblance criante avec son ami. Il se demandait d'ailleurs comment ce petit air de famille avait pu lui échapper.

Il sourit chaleureusement à l'enfant :

— Je connais très bien ton papa, petite Nour. Il va être fou de joie. Surtout, prends grand soin de lui... Décidément, c'est la journée des révélations !! acheva-t-il en rendant l'enfant à la femme.

Puis il s'éloigna en soufflant des baisers à la petite fille.

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27

L'air délicieusement frais du dehors arrêta Coriolan à quelques mètres de son véhicule. Il respira profondément, l'esprit encombré de scènes qui lui semblaient décousues et qu'il avait bien du mal à rassembler en un épisode cohérent. Il farfouillait sa poche à la recherche de son paquet de cigarettes lorsqu'il aperçut une petite fille qui le regardait avec insistance.

Quand elle amorça quelques pas dans sa direction il prit son expression la plus sévère dans l'espoir de la décourager d'approcher. En vain.


Arrivée près de lui, elle s'accrocha à son pantalon et il fut bien obligé de s'agenouiller pour se mettre à sa hauteur.

« Abomination de la désolation ... Les enfants, c'est comme les chats en fait ... ils vont toujours vers ceux qui ne les aiment pas !! »

— Oui ? Tu as besoin de quelque chose ?

— Dis, monsieur, pourquoi tu portes une perruque ?

— Ah, mais ce n'est pas une perruque ! Ce sont mes vrais cheveux !!

Et comme pour vérifier ses dires, la petite fille agrippa dans sa menotte une longue mèche échappée du catogan, qu'elle tira férocement.

Coriolan grimaça de douleur. Tout en libérant précautionneusement ses cheveux du petit poing fermé, il surveillait les alentours dans l'espoir de voir surgir les parents. Évidemment, personne ne se manifesta. C'était bien sa veine !

— Tu es avec ta maman ?

La petite fille hocha la tête en signe de dénégation.

— Tu es avec ton papa, alors ?

Nouvel hochement de tête.

— Tu es toute seule ? Demanda-t-il, vaguement inquiet à l'idée de se retrouver avec l'enfant sur les bras.

— Je suis avec tatie. Elle parle au téléphone. Là-bas... indiqua-t-elle du bout du doigt. Alors j'a partie devant... Et puis je t'a vu !

— Quelle chance ! Maugréa-t-il. Bon. Je suppose qu'on n'a plus qu'à attendre ta tatie. Viens, on va patienter sur ce banc.


Après l'avoir hissée dessus, il s'installa à ses côtés, cala son menton dans la paume de sa main et attendit.

Il guettait l'entrée de la salle de réception, espérant que quelqu'un – une femme de préférence, car les femmes , c'est bien connu , savent toujours comment se comporter avec les enfants! - vienne le sauver de ce tête-à-tête improbable.

Il sentait sur lui le regard insistant de la fillette qui, indisposée par cette immobilité forcée, se tortillait sur le banc.

— Je m'appelle Nour, et toi ?

Coriolan poussa un profond soupir.

— Coriolan.

Puis, il se tut, ennuyé à l'avance de devoir subir le babillage insipide de la gamine.

La petite fille pencha la tête de côté pour tenter d'accrocher son attention.

— Dis, Coyolan, t'as une amoureuse ?

Il sursauta, surpris par cette question inattendue.

« Misère de misère, je rêve ou je suis en train de me faire draguer par une rase-moquette ? Si Azra me voyait, il m'accuserait de les prendre au berceau... »

— Tu es bien curieuse, dis-moi...

— Moi, je suis sûre que t'as une amoureuse...insistait la petite Nour .

— Une amoureuse ? Pourquoi une seule ?

Il s'inclina vers elle et lui murmura sur le ton feutré du secret.

— En fait, j'ai plein d'amoureuses, Nour.

La fillette posa sur lui des yeux arrondis de surprise, puis, se mit à rire sous cape, comme enchantée de la plaisanterie.

— Ha mais c'est pas possible, Coyolan... tu peux pas avoir plein d'amoureuses... Tu dois en en choisir une !

— Tu crois ?

Il fut interrompu par l'arrivée d'une femme d'une trentaine d'années. La tatie de Nour, sans aucun doute.


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26



— Elle m'a comparé à un cactus, grogna Coriolan, de mauvaise humeur.

— Mais enfin, c'était il y a douze ans ! Il y a prescription, non ? Et puis, c'est Cassie quoi !

Coriolan ne répondit pas.

L'épithète dont Cassandre l'avait affublé naguère l'avait blessé bien au-delà des mots. Seule l'amertume avait subsisté. Il s'était évertué à l'oublier, à la chasser de sa mémoire comme on enfouit un livre honteux au fond d'un tiroir. Car il avait eu honte. Honte d'être tombé amoureux d'une femme qui finalement n' était pas différente de ceux qui l'entouraient et qui n'allaient jamais au-delà des apparences.

Azra, qui l'observait en silence, suivait le cours de ses pensées au fur et à mesure que celles-ci se formulaient dans son esprit.

— Coriolan, ne laisse pas ton orgueil tout gâcher...

— Gâcher quoi ? Il n'y a rien à gâcher !

Azra soupira profondément devant l'entêtement de son ami.

— Ta fierté t'empêche de te l'avouer mais tu l'aimes... Et pire que tout, tu as honte de cet amour, honte de reconnaître ce qui n'est à tes yeux qu'une intolérable faiblesse... Tu es trop fier, Coriolan... à moins que tu ne sois trop lâche...

Coriolan se retourna vivement :

— Quoi ?

— Exactement. Tu te sers de la trahison de ta mère pour ne pas t'attacher mais la vérité c'est que le beau, l'irrésistible Coriolan, pour lequel la plupart des femmes se pâment, meurt de peur à l'idée que ses sentiments ne soient pas partagés par la seule femme trouvant grâce à ses yeux !

— Et bien sûr, cette femme serait Cassandre ?

— C'est ce que je me tue à faire entrer dans le tréfonds de ta caboche entêtée depuis au moins dix bonnes minutes... J'ai raison, n'est-ce pas ?

Coriolan garda le silence.

Il repensait à la scène de la cave, au moment où Cassie s'était confiée à lui.

Il fit un effort surhumain pour chasser les émotions qui menaçaient de le submerger. Surtout, rester maître de soi.

Malgré tout, il avait été profondément touché par les confidences de la jeune femme, par le courage dont elle avait fait preuve en se dévoilant à lui. De ses paroles, il n'avait ressenti qu'une chose : sa souffrance, comme un écho à la sienne. Il n'avait été alors qu'une envie : la prendre dans ses bras, la bercer contre lui pour la protéger d'elle-même et de ses démons, mais, fidèle à ses principes, il s'était contenté de poser une main sur son épaule dans une compréhension de tout son être.

Ne l'avait-il pas perdue en faisant semblant de ne pas comprendre ses aveux ?

Quelle ironie ! Il avait eu deux fois le coup de foudre dans sa vie sans savoir que c'était pour la même femme. Cici et Cassie. Cassie et Cici.

Mais son esprit luttait encore malignement contre cette évidence. Malgré la confession pudique de Cassie dans la cave. Malgré les paroles clairvoyantes d'Azra. Tiraillé par ses sursauts de révolte d'homme qui voit sa liberté menacée par une femme, il tenta une dernière fois de se défiler.


— C'est impensable, Azra ! Pour ne pas dire impossible... Je me suis montré absolument odieux avec elle chez mon éditrice. Ensuite, j'ai pris plaisir à la mettre mal à l'aise les rares fois où nos chemins se sont à nouveau croisés ! J'ai tout fait pour qu'elle garde de moi un souvenir détestable ! Alors pourquoi m'aimerait-elle ? Franchement, Azra, toi qui me connais, que peut-elle bien aimer chez moi ?

— Euh... je sais pas... tes cheveux ? Rétorqua Azra, mi-figue mi-raisin.

Coriolan fixa sur Azra un regard interloqué. Les yeux de celui-ci pétillaient de malice.

— Pardon. Je n'ai pas pu m'empêcher : tu aurais vu ta tête... Crois-moi, Corio, tu vaux mille fois mieux que l'image de séducteur cynique que tu t'es entêté à donner de toi, continua-t-il sur un ton plus sérieux. Seulement, tu ne le sais pas encore. Laisse juste une chance à Cassie de te faire découvrir l'homme que tu es vraiment.

— Abomination de la désolation ! Tu parles comme les héros de mes romans ! Et crois-moi, ce n'est pas un compliment...

— Ca veut dire que tu vas aller la rejoindre ? Au cas où, elle habite 7 rue du Tambour !


Coriolan écrasa sa cigarette dans le cendrier.

Il se dirigea d'un pas déterminé vers la sortie, puis, arrivé à la porte, il eut comme une dernière hésitation et s'arrêta. Il tourna la tête vers Azra, son éternel sourire sardonique aux lèvres.

Azra, résigné, attendit la moquerie, qui vint :

— Alors comme ça, c'est vrai ? T'aimes mes cheveux ?

— Rhaaaaaaaaaaa... qu'il est con, mon dieu, qu'il est con ! Râla-t-il en levant vers le plafond un regard consterné. Au lieu de me débiter tes âneries, tu ferais mieux d'essayer de la rattraper, va !

Il entendit ses pas décroître dans le couloir.

« Pourvu qu'il n'aille pas faire tout capoter avec son fichu caractère »


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25



C'était Azra qui, sans tenir compte de ses protestations, l'entraînait à l'écart dans un bureau annexe et refermait soigneusement la porte derrière eux.

— Quelle mouche t'a piqué ? J'étais en train de...

— Il faut qu'on parle !

— Et ça ne pouvait pas attendre deux minutes ? La rouquine-là – mince, comment s'appelle-t-elle déjà ? Vicky ? Oui, c'est ça, Vicky - était sur le point de me donner son numéro de téléphone...mentit effrontément Coriolan qui tentait vaille que vaille de rassembler les lambeaux de son ego en déroute.

Azra croisa les bras de mécontentement et poursuivit assez sèchement :

— Cassandre vient de partir...


A ces paroles, le visage de Coriolan se crispa légèrement. Il n'en demanda pas moins sur le ton de l'indifférence feinte :

— Et alors ?

— Et alors... Vous allez encore jouer longtemps au jeu du chat et de la souris ?

— Plaît-il ? Grinça l' écrivain avec ce mélange de hauteur et de suffisance que les autres jugeaient si exaspérant mais qui était sa manière, polie, de remettre à leur place ses interlocuteurs estimés trop curieux.

— Tu as parfaitement entendu... Tu crois que je ne vous ai pas vus pendant la réception ? A vous éviter avec un soin tellement constant que la vérité s'est imposée d'elle-même à mon esprit ! Cassandre t'aime et tu aimes Cassandre.

— Ridicule...

— Ridicule ? Pas tant que cela... Je vous ai assez épiés dans la salle de réception : tu l'observais avec acuité quand tu la croyais distraite et Cassandre de son côté rivait sur toi des yeux adorateurs quand ton regard était occupé ailleurs... Quoique tu en dises, vos regards vous ont trahis !


A cette tirade, les yeux de Coriolan s' étrécirent en deux fentes étroites qui ne laissèrent rien filtrer de ses pensées. D'un geste machinal, il sortit une cigarette de son paquet, la porta à ses lèvres. Il dut s'y prendre à plusieurs fois avant de réussir à allumer le briquet, tant et si bien qu'il tourna le dos à son ami pour lui cacher le léger tremblement de ses mains.

Il ne voulait pas qu' Azra remarque son trouble.

Il aspira une grande bouffée de nicotine, profondément, comme si sa vie en dépendait, puis recracha lentement la fumée.

Le calme revint en lui.

Il maîtrisait à nouveau ses gestes. Il maîtrisait à nouveau ses pensées. Tout ceci n'était que fumeuses allégations sorties tout droit de l'imagination trop romanesque de son meilleur ami. Oui, Azra se trompait. Il ne pouvait en être autrement.

Il s'approcha de la fenêtre, posa son front brûlant contre la vitre.

La pénombre avait envahi le jardin. Quelques lampadaires éclaboussaient de taches de lumière les trottoirs déserts. Au loin, un chien aboya. Il entendit distinctement le claquement de hauts talons s'éloigner dans la nuit puis entre-aperçut un large chapeau disparaître au coin de la rue. Cassandre...Pourquoi éprouvait-il cette douceur mêlée de douleur en évoquant son nom ?

Azra, que le silence buté de son ami ne décourageait pas, décida de jouer son va-tout :

— Coriolan, il faut que tu saches. Cici, c'était Cassandre en fait...

Coriolan sursauta, comme piqué au vif. Un flot de sentiments contradictoires l'assaillit, mélange de colère et de trouble. Il se souvenait. Enfin, il se souvenait.

Il n'avait rien oublié de leur première vraie rencontre, dans ce café fréquenté par les étudiants. Non, il n'avait rien oublié. Ni la curiosité teintée d'amusement face à son exubérance mutine. Ni la sensation d'être foudroyé sur place quand elle s'était approchée d'eux pour les inviter à sa table. Ni surtout le dépit qui avait suivi quand il s'était rendu compte qu'elle ne l'avait pas remarqué, dédaignant ses regards appuyés, trop occupée qu'elle était à attirer l'attention d'Azra. Il s'était alors effacé. Mais il n'avait pu l'oublier. Toujours, dans les premiers temps, ses conversations avec Azra revenaient sur elle : il ne pouvait s'empêcher de le taquiner sur son amoureuse transie jusqu'au jour où Azra avait maladroitement répété les paroles de la jeune fille.


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24



L'importun n'était autre que Calvin qu'il n'eut pas le cœur de rabrouer.

— Je reviens tout de suite, promit-il à la jeune femme blonde.

Et il s'éloigna avec Calvin de quelques pas.

Le jeune homme fourrageait sa toison, une expression embarrassée peinte sur tout le visage.

— Oh toi, tu as un service à me demander... J'espère que ce n'est pas ma voiture que tu convoites car je ne la prête à personne... Le tour de tout à l'heure ne t'a donc pas suffi ?

Calvin lui adressa un sourire crispé.

— Euh non...si... tu n'y es pas du tout... je... euh... j'aurais juste besoin que tu ailles chercher des chaises à la cave... et... euh...

— Des chaises ? A la cave ? Moi ? Ne me dis pas qu'à ton âge, tu as encore peur du noir ! Tu sais, il y a fort peu de risques pour que tu y croises Diablo, tapi dans un recoin sombre, ne put-il s'empêcher de le taquiner.

Calvin émit un rire forcé :

— Non, bien sûr que non... Azra m'a chargé d'y aller mais j'ai un truc extrêmement important à lui dire... s'il te plaît... c'est vraiment très important... et personnel... s'il te plaît... Je dois lui parler absolument !

Coriolan hésita un instant, mais l'air suppliant de Calvin le convainquit d'accepter.

— Tu as gagné... Mais gare à toi si tu t'es moqué de moi...




En remontant de la cave un long moment plus tard, Coriolan dut s'appuyer un moment contre le chambranle de la porte. La scène qui venait de se dérouler avec Cassandre l'avait ébranlé bien plus qu'il ne l'aurait voulu. Il laissa la jeune femme s'éloigner le temps de reprendre ses esprits. Comment pourrait-il désormais se comporter en sa présence d'une manière naturelle ? Et surtout qu'attendait-elle de lui ? En tout cas, rien de ce qu'il ne pourrait – ne voudrait – lui donner. Il décida qu'une explication s'imposait avec Azra mais avant toute chose, il avait besoin d'une cigarette pour apaiser le tourment de son esprit. Perdu dans ses pensées tumultueuses, il buta contre la petite Vicky qu'il eut juste le temps de rattraper par le haut du bras.

— Non, mais c'est dingue ça, vociféra la demoiselle avant même qu'il ait le temps de s'excuser, vous vous êtes tous donnés le mot ou quoi ?


Interloqué devant tant d'agressivité, Coriolan en oublia de répliquer. Puis, il remarqua les longues traînées de mascara qui maculaient ses joues, mais la jeune fille le coupa dans son élan de sympathie en le rabrouant sur un ton à peine moins rogue :

— Rien rien, laissez tomber...

Et elle s'adossa contre le mur. Un peu déstabilisé par ces manières , Coriolan choisit finalement de lui tendre son mouchoir tout en mimant le geste de s'essuyer la figure. Après un moment d'hésitation, Vicky le prit.

— Merci... fit-elle, assez séchement. C'est parce que je suis laide ou que je vous fais pitié?

— Détrompez-vous : je n'agis que par pur égoïsme...

Et comme elle haussait les sourcils de surprise, il continua presque malgré lui:

— Je déteste voir pleurer les jolies filles...

Aussitôt prononcées, il regretta ces paroles dignes d'un dragueur de bas étage et qui n'obtinrent de Vicky qu'un pouffement de rire ironique. Il reconnut en son for intérieur qu'il avait bien mérité cette réaction. Il tenta alors d'effacer l'impression désastreuse de sa dernière phrase :

— Et si vous me confiez ce qui vous chagrine ? Parfois, il est plus facile de parler à un parfait inconnu...

— Et je suis certaine que cette proposition est purement innocente... Vous perdez votre temps : je ne suis pas d'humeur à jouer les ingénues.

Sur ces paroles définitives, Vicky lui rendit son mouchoir, accroissant le désarroi du jeune écrivain. Que lui arrivait-il ? C'était la première fois qu'il enchaînait déboire sur déboire en une seule journée. Il ne pouvait pas quitter les lieux sur cette note lamentable : repartir seul et donner ainsi raison au Suédois. Il s'apprêtait à la retenir quand il se sentit vivement tirer en arrière.


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23

Un coup d'œil vers la belle eurasienne lui apprit que c'était le moment ou jamais de l'aborder. Il happa deux coupes de champagne au passage et se dirigea vers la mystérieuse inconnue. Il attendait ce moment depuis la sortie de l'église. Cela faisait longtemps que ses yeux ne s'étaient pas posés sur une femme aussi magnifique : sa fine silhouette racée, son magnifique teint d'ivoire que faisaient ressortir de magnifiques cheveux d'ébène et de magnifiques yeux sombres, sa grâce altière, tout chez elle personnifiait l'essence même de la féminité.


Arrivé à sa hauteur, il lui tendit une de ses coupes en accompagnant son geste de son sourire le plus charmeur :

— Par quelle étrange circonstance la plus belle femme de l'assemblée se retrouve-t-elle seule ?

— Seule ? Sourit l'inconnue en le dévisageant avec curiosité. Quelle drôle d'assertion... Je ne me sens pas seule... Par contre, je ressens beaucoup de solitude parmi cette poignée de gens rassemblée ici. C'est triste, mais quand je jette un œil autour de moi, je me dis que Morgane n'avait pas tant de proches que ça... Je pensais qu'elle avait beaucoup plus de connaissances... Vous étiez un ami ?

— Un ami ? On ne peut pas vraiment dire ça comme ça... Morgane était l'ex-compagne de mon meilleur ami, mais nous ne nous entendions guère...

— Ah ? Fit-elle avec une pointe de déception dans la voix. Morgane était pourtant une jeune femme affable et enjouée, et qui avait le don d'attirer la sympathie.

— Eh bien, ce n'est pas du tout l'image que je garderai d'elle, désolé ! De toute façon, on ne connaît jamais vraiment l'autre, n'est-ce pas ? Vous, par exemple, êtes-vous aussi mystérieuse et captivante que ce que vous semblez dégager ?

— A chacun ses mystères, cher monsieur, et j'ai bien peur que le mien ne reste entier... pour l'instant tout du moins ! Ajouta-t-elle dans un sourire énigmatique, presque séducteur.

Ce sourire eut pour conséquence de raviver les espérances du jeune écrivain, qui déchanta pourtant dès la phrase suivante :

— Pour l'heure, j'ai du mal à croire que vous ne puissiez trouver une seule qualité à cette pauvre Morgane. Après tout, vous l'avez suggéré vous-même, que saviez-vous vraiment d'elle ?

— Abomination de la désolation ! Se désespéra presque Coriolan sur un ton de doux reproche. Pourquoi tout cet intérêt pour Morgane ? Elle est morte mais je suis vivant moi !

L'inconnue posa un regard rêveur sur son interlocuteur tout en trempant ses lèvres dans le champagne frais.

— Certes, certes... Vivant, dieu merci, tout comme ce jeune homme, là, au fond... Je viens d'apprendre que c'était son cousin Calvin. Vous vous rendez compte ? Jamais Morgane ne m'en avait parlé !

— Vous étiez donc si proche d'elle ? Depuis quand la connaissiez-vous ? C'est étrange mais je ne vous ai jamais aperçue en sa compagnie. Et pourtant, un visage aussi enchanteur que le vôtre serait resté gravé dans ma mémoire...

— Tout comme le vôtre, tout comme le vôtre... Puis-je vous confier mon sentiment ? J'ai de la peine pour ce gamin. Vous imaginez le déchirement qu'il peut ressentir ? Il aura sûrement besoin de soutien et de compagnie. Si seulement je savais où il vivait, je lui aurais volontiers rendu visite. Peut-être avez-vous une adresse à me communiquer...?

— Malheureusement, je ne l'ai pas en tête mais... si l'idée de me laisser votre numéro ne vous dérange pas, je vous promets de vous rappeler. Au fait, comment vous appelez-vous ?

— Appelez-moi Diamond... juste Diamond.

Il était sur le point de se présenter à son tour quand une phrase lancée d'une voix clairement distincte par la jolie blonde le fit se retourner illico :

— Tu ne m’avais pas dit un jour que le seul homme que tu reconnaîtrais n’importe où et n’importe quand serait l’homme de ta vie ?


Le doute n'était plus permis : en voyant l'air affreusement gêné de Cassandre posé sur lui, il comprit que les deux jeunes femmes étaient en train de parler de lui ! Qu'est-ce que cette écervelée était donc allée inventer ? Il avait toujours eu horreur de ce genre de commérages, et davantage encore de celles qui le colportaient.

Oubliant Diamond et ses projets galants, il profita de la fuite de Cassie – décidément, cette dernière maîtrisait ce genre de lâcheté avec un art consommé – pour s'adresser à la jeune femme blonde.

— J'ai cru comprendre que vous parliez de moi...

Puis il continua sans tenir compte de la gêne que son interlocutrice semblait éprouver à cette entrée en matière un brin cavalière :

— A l'avenir, si vous avez besoin de savoir quoique ce soit à mon endroit, adressez-vous directement à moi, je me ferai un plaisir de satisfaire votre curiosité !

— Mais... je... protesta-t-elle en piquant un fard. C'est ma cousine qui s'intéresse à vous, pas moi...

L'air faussement sévère, il prit tout son temps pour la détailler avant de reprendre la parole sur un ton plus doux :

— Ah ? Cassandre Parlanti est votre cousine ? Vous ne vous ressemblez pas du tout... et croyez-moi, c'est tout à votre avantage ! D'ailleurs, je me demandais... votre cousine aurait-elle des problèmes d'argent ?

— Des problèmes d'argent ? Non, pas que je sache... Pourquoi cette question ?

— Une idée comme ça... Enfin, à la voir ainsi vêtue, on a l'impression qu'elle est allée faire son shopping chez Emmaüs, vous ne trouvez pas ?

Il eut le plaisir de la voir étouffer un éclat de rire entre ses doigts effilés.

— Vous devriez avoir honte, lui reprocha-elle – mais ses yeux pétillants démentaient ses propos. Ma pauvre cousine est certes un peu excentrique... mais ce n'est pas un crime !

— Non, effectivement... le seul crime que l'on pourrait lui reprocher, c'est de m'avoir caché l'existence de sa belle et jeune cousine... sans oublier son absolu mauvais goût en matière vestimentaire, je suis définitivement intraitable sur ce dernier point.

Ce disant, sans même qu'il l'ait décidé, son regard chercha celle qu'il était en train de dénigrer. Elle aussi le regardait et il en fut agacé au plus haut point. Il éprouva soudain l'envie puérile de la faire enrager, et comment mieux faire enrager une femme qu'en accordant tout son intérêt à une autre ? Il eut honte de vouloir rendre jalouse Cassandre en se servant de cette jeune cousine providentielle mais c'était plus fort que lui : dès que la brunette se trouvait dans les parages, un mélange de rage et de colère l'envahissait, qu'il camouflait sous un flegme apparent nuancé d'un soupçon d'ironie.

Mais il n'eut pas le temps de pousser son projet très avant car peu après il sentit quelqu'un le tirer par la manche.


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22




A part Cassie et Azra, Nigel était le seul dans sa tranche d'âge qu'il connaissait déjà. Il ne pouvait décemment pas monopoliser son ami, qui se devait à ses invités en ce jour si particulier. Quant à Cassandre, sans qu'il sache pourquoi, sa fierté le retenait de faire le premier pas bien qu'il se sentît des torts envers elle. Il faillit pourtant se raviser quand il l'aperçut, seule en plein milieu de la salle, avec un air perdu et désemparé à vous fendre le cœur. Leurs regards se croisèrent. Il esquissa à son attention un sourire d'encouragement... qui se figea en un rictus de déconvenue quand la jeune femme déclina son offre de paix en détournant brusquement la tête.

C'est donc d'un pas soulagé qu'il se dirigea vers le Suédois à qui il sourit amicalement :

— Bonjour... Nigel, c'est ça ? Je suis ravi de te revoir, même si j'aurais préféré que ce soit dans d'autres circonstances...


Nigel prit tout son temps pour lui serrer la main tout en scrutant les alentours d'un air faussement étonné.

— Pas possible, Galen ! Tu as cassé ton joujou extra que tu arrives seul à la réception ? Ça craint...

A ces mots, Coriolan haussa un sourcil d'incompréhension, surpris de déceler dans le ton du jeune homme un soupçon d'agressivité. Puis son regard se porta sur sa compagne, dont la grossesse semblait déjà bien avancée.

— Mazette, tu es à cran, se moqua-t-il en songeant qu'allongée sur un lit Kaya devait ressembler à une baleine échouée sur une plage – un véritable tue-désir ! Si je puis me délester d'un conseil, tu devrais canaliser ton surplus d'énergie en multipliant les séances de sport ! Je vais d'ailleurs en toucher deux mots à Azra... Pour le reste, continua-t-il en lui tapotant paternellement l'épaule, ne te fais donc pas de souci pour moi : l'important n'est pas d'arriver seul mais de repartir accompagné...

Il souligna ces paroles d'un clin d'œil suprêmement narquois.

Avant de prendre congé, il ne résista pas à l'envie de titiller encore un peu le Suédois.

— Au fait, toutes mes félicitations, Kaya. Je ne sais pas si vous connaissez le sexe de votre bébé, mais si vous accouchez d'un petit gars, que diriez-vous de l'appeler Coriolan ?

Puis il s'éclipsa avant que Nigel ait repris ses esprits. En contournant l'une des tables, son regard croisa à nouveau celui de Cassandre, intensément posé sur lui. Elle semblait en plein conciliabule avec une jeune femme blonde qui le détaillait avec intérêt.

«Tiens... On parle de moi à ses amies ! En se plaignant de mes mauvaises manières, j'imagine...»

Et ce fut à son tour de détourner la tête sans vergogne.


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21




Cette voix... Si claire et si musicale... Brusquement arraché au charme de cette apparition, Coriolan rejeta son buste en arrière, croisa les bras contre sa poitrine pour ne pas avoir à la saluer, furieux de reconnaître la voix de celle qui avait si bien percé à jour le secret de son pseudonyme.

— Plaît-il ? Lâcha-t-il entre ses dents avec toute la hauteur dont il était capable.

— Je... tu... bafouilla la jeune femme décontenancée par la froideur de son interlocuteur. Enfin, Coriolan, on se connaît, non ? Tu ... tu ne te souviens pas ?

— Je ne crois pas, non ! J'ai toujours été très exigeant sur le choix de mes fréquentations, continua-t-il sur un ton glacial tout en détaillant ses oripeaux et ses breloques colorés comme on regarderait un objet de pacotille. Et je préfèrerais que l'on s'en tienne au vouvoiement : le tutoiement est seulement pour mes amis !

Satisfait, il vit les épaules de la péronnelle s'affaisser et son joli visage se chiffonner – allons, encore un petit effort, et elle prendrait la porte sans demander son reste, comme toutes les autres illustratrices avant elle.

Il ignora Adèle qui menaçait discrètement de lui trancher la gorge. Au moment où il allait poursuivre sur sa lancée, son éditrice s'exclama sur un ton qu'elle voulait bonhomme :

— Allons, mignonne, ne vous laissez pas impressionner par ce phallus sur deux pattes ! Il aime rugir mais il n'a encore mordu personne... enfin, pas à ma connaissance... Asseyons-nous et commençons par parler travail, nous n'avons perdu que trop de temps !


Sournoisement, Coriolan choisit de s'asseoir sur le même canapé que la demoiselle, étendit nonchalamment son bras dans son dos.

— C'est cela, parlons travail ! A ce propos vous me semblez bien jeune... Quel âge avez-vous donc ?

— Vingt-trois ans mais...

— Une débutante ! C'est bien ce que je craignais ! Avez-vous eu le temps d'acquérir quelque expérience dans le métier ?

— A vrai dire, je...

— Rassurez-moi, la coupa-t-il encore, vous savez illustrer autre chose que Martine à la ferme ou Petit Ours brun ?

— Mais bien sûr, je...

Puis elle se tut, lasse d'être bousculée par cet homme qui n'avait même pas la courtoisie de l'écouter jusqu'au bout.

Le secours vint d'Adèle qui suggéra d'une voix douce:

— Mignonne, et si vous montriez à Coriolan vos dessins? Ils parlent d'eux-mêmes...

— Bonne idée, montrez-moi donc ces chefs d'œuvre en péril qu'on en finisse au plus vite !

Malgré le ton volontairement insultant, la jeune fille obtempéra en lui tendant son carton à dessins, sans toutefois oser le regarder.

Un silence tendu s'installa tandis que Coriolan s'attardait sur chacun des croquis. Cette petite avait du talent, un talent indéniable. Il en venait à regretter ses paroles dures et mesquines mais il était trop fier pour le reconnaître.

Ce fut Adèle qui le tira d'embarras.

— Alors, Coriolan, ton verdict ? As-tu d'autres questions à poser à Mlle Parlanti ?

Il répondit à son éditrice en se tournant vers la jeune illustratrice qu'il fixa intensément :

— Non, toute question serait désormais superflue... Mais j'ai une requête... en forme d'épreuve en fait.

Et il tendit à la jeune fille une feuille de papier sans la quitter des yeux tandis que ses lèvres esquissaient un sourire à la fois moqueur et complice :

— Dessinez-moi donc Olympe de Courge telle que vous vous l'imaginez...




Quand il revint sur terre, Cassandre était toujours en face de lui, sa main dans la sienne.

Il resserra la pression de ses doigts autour des siens quand il sentit qu'elle tentait de s'échapper, puis se pencha vers elle pour n'être entendu que d'elle seule :

— Eh non, Cassandre, pas de fuite possible aujourd'hui... ni de poubelle derrière laquelle te cacher...

La confusion de la jeune femme était à son comble. Aussi, eut-il pitié d'elle et relâcha-t-il son étreinte.

— Allez, je te rends ta liberté... Fais-en bon usage Petit Chaperon tout de noir vêtu... et gare au grand méchant loup...acheva-t-il dans un sourire carnassier.

En s'éloignant, il l'entendit avec une certaine jubilation souffler son fameux « Je veux mourir... » entre ses dents .

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